L’Organisation internationale du Travail (OIT), en partenariat avec le ministère de la Culture du Bénin et avec l’appui financier de Wallonie-Bruxelles International, a officiellement lancé ce jeudi 2 juillet 2026 à Cotonou l’initiative CREATE. Ce programme pilote ambitieux vise à structurer les industries culturelles et créatives béninoises en apportant des réponses concrètes aux défis de la précarité et de l’informalité qui pénalisent fortement les artistes.

Réunis au Palais des Congrès de Cotonou, les décideurs politiques, les partenaires internationaux et les entrepreneurs culturels ont mené des dialogues stratégiques pour poser les bases d’une transition réussie vers l’économie formelle. Les agences étatiques comme l’ADAC et l’ADPME, aux côtés de l’Agence Française de Développement, ont notamment exploré les mécanismes d’accompagnement financier et d’intégration aux marchés, démontrant que la formalisation constitue un levier majeur de croissance et de création d’emplois durables plutôt qu’une simple contrainte administrative.

Madame Ndeye Coumba Diop, Directrice du bureau de l’OIT à Abidjan, a précisé que CREATE s’inscrit dans une dynamique régionale initiée par l’Union africaine. Le programme se concentre sur la formation entrepreneuriale des créateurs, leur professionnalisation et, surtout, l’amélioration de leur protection sociale à travers un accès facilité à l’assurance santé et à la retraite. Conçu comme une plateforme d’inclusion pragmatique, le projet s’appuiera également sur des outils nationaux existants, comme la carte d’artiste, pour mieux cibler et accompagner les bénéficiaires à travers tout le pays.

Du côté des professionnels du terrain, l’initiative suscite un réel optimisme. Les acteurs culturels saluent cette opportunité de rompre avec l’isolement sectoriel et fondent de grands espoirs sur les futurs textes législatifs. En combinant renforcement des capacités et sécurité sociale, CREATE s’impose comme un jalon historique pour permettre aux talents béninois de vivre dignement de leur art et de faire rayonner durablement la culture nationale.

 

« Create, c’est une initiative de l’Organisation internationale du Travail, qui a été lancée en partenariat avec le ministère de la Culture, et qui est financée par la Wallonie internationale. Et c’est une initiative qui est qui est toute simple : c’est une initiative qui, hmm, fait la promotion du travail décent dans l’industrie, euh, culturelle et créative. Nous passons, nous nous nous partons du principe que l’industrie créative et culturelle du du Bénin, mais aussi de plusieurs pays d’Afrique, peut être source de création d’emplois. Les artistes c’est des travailleurs, c’est des entrepreneurs, ils doivent vivre de leur métier. Mais souvent, il y a des beaucoup de problèmes en termes d’opportunités pour se développer, mais aussi en termes de protection. Donc le le le programme ou l’initiative Creatit c’est, hum, la contribution de l’OIT à la réflexion en cours avec notamment le le ministère, pour s’assurer que nous avons nous initions des des, euh, actions pour, un : former les artistes dans le domaine de l’entrepreneuriat ; deux : les appeler à la formalisation et la professionnalisation, pour gagner plus de marchés, pour vivre de leur métier, pour avoir plus de productivité ; mais troicièmement, et c’est très important, pour leur faciliter l’accès à la protection sociale, que ça soit l’accès aux services de de d’assurance santé, que ça soit l’accès à la retraite. Donc ces trois actions sont les actions principales que nous mettons en œuvre dans Creatit Bénin. Je voudrais juste rappeler que Creatit Bénin fait partie d’un Creatit régional. C’est une initiative qui a été lancée par l’Union africaine, il y a 2 ans, qui est partie du diagnostic de l’industrie créative et et, euh, culturelle, et qui a dégagé un programme régional. Et donc l’OIT, à travers la Wallonie internationale, met cela en œuvre pour, disons, lancer cette réflexion collective. Cet après-midi, nous avons pu avoir des échanges très très très constructifs sur ce qu’il faut faire, sur les maux mais aussi les opportunités parce qu’il y a eu des innovations dans le ce secteur, et le ministère l’a dit, les acteurs l’ont dit. Mais il y a plus à faire dans la protection, il y a plus à faire dans les opportunités, il y a plus à faire dans la formalisation. Donc nous nous positionnaient positionnons comme partenaires et nous appelons tous les partenaires, techniques, financiers, pour pouvoir vraiment s’intégrer dans cet écosystème d’appui pour que, euh, l’artiste, l’artisan puisse vraiment vivre de son art et soit protégé. »

 

Une plateforme d’inclusion pour tous les artistes, des villes aux campagnes

Interrogée sur la portée de l’initiative et sur sa capacité à impacter les créateurs les moins lettrés ou les plus éloignés des grands centres urbains, la Directrice de l’OIT s’est montrée rassurante, présentant CREATE comme un projet pilote fédérateur et pragmatique :

« Un des aspects qui a été beaucoup discuté durant nos Echanges de cet après-midi, c’est qui sont les artistes, où les trouver, et comment les structurer. Sans prétendre vouloir apporter toutes les solutions, je pense que déjà Create peut être perçu comme une plateforme d’échange, où ces questions-là peuvent être posées. Je pense que ça a été posé durant les échanges, c’est-à-dire qui est l’artiste ? Puisqu’il y a la carte de l’artiste l’artistique qui est déjà opérationnelle ici au Bénin. Et et donc, si on a la carte de l’artiste, si on a un bon ciblage des artistes qui peuvent bénéficier de ces opportunités, alors on règle un problème très grand. Create n’a pas l’ambition pour l’instant, dans sa forme actuelle, de régler tous les problèmes. C’est une pilote pour montrer que c’est possible. Cet après-midi, on a aussi entendu beaucoup d’innovations de la part du ministère, qui, une fois qu’elles seront mises en œuvre et opérationnelles, vont aussi permettre de mieux structurer ce secteur. Il y a eu aussi un appel aux artistes eux-mêmes, de se professionnaliser, de se former, de se faire connaître, d’être visibles, de pour pouvoir bénéficier. Maintenant, c’est sûr que un des aspects plus importants, je pense que ça a été identifié, »

 

L’écho favorable des acteurs du terrain

Du côté des professionnels et des spécialistes des ICC, les retours s’avèrent particulièrement enthousiastes quant aux perspectives ouvertes par ce dialogue. Monsieur Claude Balogoun, cinéaste, directeur de Gangan Production et spécialiste en ICC, a partagé son optimisme à l’issue des travaux : « Mes impressions sont positives. Je suis très content de cette séance qui a eu lieu. Elle a permis à certaines personnalités du secteur privé, du secteur de l’État qui, véritablement ont échangé sur l’évolution, la dynamique au niveau des ICC au Bénin. Nous doi- devons nous arrimer à cette même dynamique qui prévaut désormais dans la sous-région. Donc nous avons échangé sur l’évolution, la structuration, l’organisation et la professionnalisation des ICC dans notre pays. C’est la meilleure chose qu’on puisse avoir actuellement. J’espère que les débats qui ont eu lieu, les échanges que nous avons pu mener vont donner prochainement des fruits et nous permettre véritablement d’être alignés sur la nouvelle dynamique sous régionale. »

Pour sa part, Madame Floriane Sèmako Maguizi, directrice de la librairie « Savoirs d’Afrique » et administratrice au sein du Conseil National des Organisations d’Artistes au Bénin, a souligné l’espoir que suscite cette démarche auprès de la communauté artistique : « Il faut reconnaître que ça a été vraiment court, mais on a beaucoup appris. Si on pouvait donner un peu plus de temps, peut-être consacrer une journée pour les panélistes d’autres pays, ce serait vraiment important. Et j’ai appris cette initiative de l’OIT qui veut mettre en valeur les artistes. Notamment les artistes béninois. Et cela augure d’un avenir meilleur pour nous au Bénin… en plus de ce que l’OIF fait, voilà l’OIT qui nous présente un projet qui, dans les prochains jours, peut permettre aux artistes de s’affirmer, avoir une protection sociale, c’est important pour la vie d’un homme. Et, on espère avec tout ce qu’ont développé les panélistes, que les textes de lois qui vont régir tous ces différents projets, vont permettre aux artistes de se développer, d’être à l’aise dans dans leur profession. Il faut reconnaître que le Bénin a des cultures qui ne sont pas vraiment connues sur le plan international en tant que tel, mais avec cette professionnalisation, ces renforcements de capacités, tout ce qui sera fait autour permettra de se vendre plus.
Ce projet qui permettra aux artistes qui ont du talent de rêver, de faire rêver le Bénin. »
Grâce aux innovations nationales en cours, à la dynamique de la carte d’artiste et à l’engagement conjoint des pouvoirs publics et de l’OIT, CREATE s’impose d’ores et déjà comme une plateforme d’échange incontournable pour bâtir une industrie culturelle béninoise moderne, résiliente et inclusive, capable de faire rayonner durablement le pays sur la scène internationale.

 

Album photos