Le monde des médias et de la recherche au Bénin est en deuil après le rappel à Dieu de Denis Hodonou, figure emblématique et pionnier de la presse privée nationale. Fondateur du mémorable journal Tam-Tam Express à l’aube de la Conférence des Forces Vives de la Nation, cet enseignant-chercheur émérite laisse derrière lui l’héritage d’un artisan infatigable des libertés démocratiques.

Une page glorieuse de l’histoire des médias béninois se tourne. Nous avons appris le décès de Denis Hodonou, l’un des pères fondateurs de la presse privée au Bénin. Enseignant-chercheur respecté à l’Université d’Abomey-Calavi, il s’était imposé dès les premières heures du Renouveau Démocratique comme un pilier de la liberté d’expression, écrivant les premières lignes de la presse indépendante aux côtés d’autres figures illustres telles qu’Ismaël Soumanou ou Léandre Kuessan Djagoué.

Le bâtisseur d’une presse libre

À travers son bimensuel indépendant Tam-Tam Express, Denis Hodonou a su donner une voix aux aspirations de tout un peuple à une époque charnière de l’histoire nationale. Ses pairs pleurent aujourd’hui un éclaireur. Pour le chroniqueur Distel Amoussou, il était un « entrepreneur de grande vision, combattant infatigable des causes humanitaires et défenseur intrépide de la liberté d’expression, Denis HODONOU aura marqué son temps d’une empreinte singulière. »

Un éclaireur des mutations politiques

Plus qu’un simple gestionnaire, l’homme était un observateur fin et engagé du destin national. Le bimensuel qu’il dirigeait a servi de boussole à une époque complexe : « il fut bien plus qu’un patron de presse, il était un éclaireur, un défricheur, un observateur avisé des mutations politiques et économiques d’une République du Bénin encore en quête de ses repères démocratiques », rappelle avec émotion Distel Amoussou.

Une plume éteinte, un héritage éternel

La disparition de ce grand homme suscite une vague d’hommages saluant la permanence de son œuvre pédagogique et journalistique. Sa contribution à l’émergence d’une presse plurielle reste un modèle pour les générations actuelles et futures de professionnels des médias. « Aujourd’hui, la plume s’est tue, mais l’héritage demeure. Car les hommes de conviction ne meurent jamais tout à fait ; ils survivent dans les idées qu’ils ont défendues, dans les combats qu’ils ont menés et dans les vocations qu’ils ont inspirées », conclut le chroniqueur. Le Bénin salue la mémoire d’un esprit libre qui aura consacré sa vie à éclairer la cité.