Pilier du mariage traditionnel, la dot demeure un rite de passage incontournable au Bénin. Entre héritage ancestral et réalités économiques modernes, la responsabilité de son organisation suscite des débats passionnés au sein de la capitale économique. Qui du futur époux ou du clan familial doit supporter le poids des exigences matérielles ? Enquête dans les rues de Cotonou. C’est un rituel où les pagnes, les boissons et les enveloppes financières racontent l’alliance de deux lignées. La dot, définie comme cette « somme d’argent, bijoux ou biens remis à la famille de la future épouse », ne se limite pas à une simple transaction. Elle « symbolise à la fois le respect envers les parents et l’engagement du futur marié à assumer ses responsabilités ». Pourtant, derrière la célébration, le casse-tête logistique et financier divise les générations. Au marché Dantokpa comme dans les quartiers résidentiels, les avis divergent sur la paternité de cette dépense. Pour les gardiens de la tradition, la dot est avant tout l’affaire de la famille du marié. « Un homme ne se marie pas seul, c’est sa famille qui va chercher une femme pour agrandir le cercle », soutient un septuagénaire rencontré à Akpakpa. À l’inverse, une jeunesse plus autonome revendique le droit — et le devoir — de financer seul ses noces pour garantir l’indépendance du futur foyer. La question centrale demeure : « Qui doit réellement organiser et payer la dot ? Le futur marié seul, sa famille, ou les deux familles ensemble ? » Dans le Cotonou d’aujourd’hui, un modèle hybride semble s’imposer. Si le futur époux constitue le « noyau » du financement, les oncles et tantes complètent souvent la liste des exigences pour marquer la solidarité clanique. Certains vont plus loin en suggérant que la famille de la mariée devrait alléger les demandes pour favoriser une organisation conjointe, moins étouffante pour le jeune couple. Entre pression sociale et désir de dignité, la dot reste ce miroir de la société béninoise : un équilibre fragile entre le respect des ancêtres et les capacités du portefeuille moderne. Navigation de l’article Fats divers: un réseau de voleurs de motocyclettes démantelé par la police à Kassouala CAN 2025 : Fin d’aventure héroïque pour les Guépards, l’Égypte s’impose à l’usure