L’installation de la 10e législature le 8 février 2026 marquera le début d’un nouveau cycle politique sous la conduite de Barthélémy Vidjannagni et Youssouf Issa. Si le décorum parlementaire impose une élection en bonne et due forme, personne n’est dupe sur l’identité du véritable grand électeur. Dans les couloirs du palais présidentiel comme dans les rangs des nouveaux élus, une évidence s’impose : c’est Patrice Talon, et lui seul, qui désignera celui qui occupera le prestigieux fauteuil de Président de l’Assemblée nationale. Le duel à distance entre Joseph Djogbénou et Abdoulaye Bio Tchané nourrit certes toutes les discussions, mais il reste soumis à l’arbitrage suprême de la Marina. Le président de l’Union Progressiste Le Renouveau, habitué aux hautes sphères de l’État, n’a jamais conçu son engagement parlementaire comme celui d’un simple député de base. Face à lui, le leader du Bloc Républicain pourrait voir dans le perchoir une consécration logique après une décennie passée au cœur du gouvernement comme numéro deux. Pour Abdoulaye Bio Tchané, l’enjeu est aussi celui de l’équilibre régional, un paramètre que seul le Chef de l’État saura intégrer, ou non, dans sa stratégie globale de gouvernance pour les sept prochaines années. Toutefois, l’histoire récente de la Rupture appelle à la prudence face aux évidences. Le précédent Louis Vlavonou en 2019 rappelle que Patrice Talon apprécie les choix tactiques qui déjouent les pronostics médiatiques. Le Chef de l’État pourrait ainsi préférer un outsider, un fidèle parmi les fidèles dont la loyauté a été éprouvée durant les dix dernières années de réformes. Qu’il s’agisse de confirmer un chef de parti ou de propulser un lieutenant dévoué, l’élection du bureau de la 10e législature ne sera que la mise en musique d’une partition écrite à la présidence. L’un de ces ténors montera sur le trône législatif, tandis que l’autre sera inévitablement réorienté par le Chef vers une autre mission d’envergure, confirmant que dans cette architecture politique, chaque pièce ne bouge que selon la volonté du maître d’œuvre. Navigation de l’article Après les Législatives de 2026 : Daniel Edah prône le « Grand Pardon » pour une réconciliation nationale 10ème mandature: Joseph Fifamin Djogbénou reçoit les félicitations du RIS/DB