Alors que les modèles de développement classiques peinent à réduire les inégalités sur le continent, le concept de « démocratie économique » émerge comme une alternative prometteuse. Portée par l’Institut Louis Even, cette doctrine interroge le rapport entre la création de richesse et sa distribution réelle aux populations africaines. L’Afrique se trouve-t-elle à l’aube d’une révolution de son système financier et social ? C’est la question qui anime les débats sur le plateau d’EsaeTV, où la genèse d’un concept encore méconnu du grand public a été disséquée. Longtemps restée dans l’ombre des théories macroéconomiques conventionnelles, la démocratie économique tente désormais de se frayer un chemin dans l’esprit des décideurs du continent. L’héritage de Louis Even Le concept ne sort pas du néant. Il trouve ses racines dans les travaux du penseur canadien Louis Even. Fondée sur la justice économique, sa vision repose sur l’idée que le système financier doit servir l’être humain et non l’inverse. Pour Fulbert Darimana, représentant Afrique de l’Institut Louis Even pour la justice économique, cette approche est la clé d’une autonomie réelle des peuples. Au micro de Carles Kitomé, l’expert a retracé l’historique de cette pensée qui, bien que prônée depuis des décennies outre-Atlantique, « parait nouvelle en Afrique ». Elle propose notamment une gestion de la monnaie et du crédit social qui permettrait à chaque citoyen de bénéficier directement des ressources de sa nation. Un enjeu de justice sociale L’implantation de cet institut sur le sol africain marque une volonté de théoriser un modèle de développement endogène. Contrairement à la démocratie politique, qui se limite souvent aux urnes, la démocratie économique vise le partage équitable du pouvoir d’achat. Pour les promoteurs du concept, il s’agit d’instaurer un dividende social permettant de briser le cycle de l’endettement. L’analyse faite par Fulbert Darimana suggère que l’Afrique, riche de ses ressources mais souvent pauvre de ses mécanismes de redistribution, est le terrain le plus fertile pour l’expérimentation de cette justice économique. Le défi reste désormais de traduire cette théorie en politiques publiques concrètes. La Rédaction Navigation de l’article Carême chrétien et Ramadan : Un carrefour de pénitence inédit au Bénin Bouclier anti-vie chère : L’État burkinabè « casse » les prix face au Carême et au Ramadan