Conformément aux grandes orientations de l’Alliance des États du Sahel (AES), Niamey a formellement notifié son retrait du Statut de Rome à la Cour pénale internationale. Cette décision majeure, actant une rupture stratégique avec la juridiction de La Haye, entrera officiellement en vigueur en juin 2027. Un nouveau tournant géopolitique vient d’être franchi dans l’espace sahélien. Près d’un an après l’annonce conjointe et concertée des pays membres de l’Alliance des États du Sahel (AES), la République du Niger a officiellement déposé sa demande de retrait de la Cour pénale internationale (CPI). L’institution internationale a confirmé avoir reçu la notification officielle le 18 juin dernier, marquant ainsi le début du processus d’un choix souverain. L’affirmation d’une souveraineté collective Cette démarche concrétise la position commune adoptée par le Niger, le Mali et le Burkina Faso. Réunies sous la bannière de l’AES, les trois nations avaient ouvertement contesté le fonctionnement de la Cour de La Haye, la qualifiant d’« instrument de répression néocoloniale ». À travers cet acte formel, Niamey réaffirme sa volonté de privilégier ses propres mécanismes juridictionnels et institutionnels nationaux pour la gestion de sa justice. La Cour prend acte Du côté des Pays-Bas, la Cour pénale internationale a réagi en rappelant que le retrait d’un traité international relève du droit strictement souverain des États. Tout en regrettant une décision qu’elle estime de nature à affaiblir les efforts globaux de lutte contre l’impunité, la CPI a pris acte de la notification. Elle a également précisé que, conformément aux textes en vigueur, le Niger reste tenu de respecter ses obligations courantes jusqu’à la date d’effet, fixée au 18 juin 2027. Un débat de fond réactivé Cette annonce relance inévitablement les discussions autour de la légitimité et de la perception de la CPI, créée en 2002. Bien que sa mission originelle soit de pallier l’incapacité des juridictions nationales face aux infractions majeures, l’institution fait l’objet de critiques récurrentes sur le continent africain, où elle est régulièrement accusée de cibler de manière disproportionnée les dirigeants et les ressortissants régionaux. Le pas franchi par le Niger marque une volonté claire de redéfinir les rapports de force internationaux. Navigation de l’article École de demain : Le Bénin tient sa boussole ! Denis Hodonou : L’envol d’un géant de la presse privée béninoise