En s’imposant d’un souffle mais avec une solidarité exemplaire face au Botswana (1-0) ce samedi à Rabat, les Guépards ont décroché le premier succès de leur histoire en phase finale de Coupe d’Afrique des nations. Au-delà de l’aspect comptable, cette soirée au complexe Prince Moulay Abdellah a révélé un groupe soudé derrière un capitaine, Steve Mounié, plus que jamais leader d’une nation en quête de grandeur.

Le samedi 27 décembre 2025 restera une date charnière, un point de bascule pour le football béninois. Sous les projecteurs de Rabat, les hommes de Gernot Rohr ont enfin conjuré le sort. Face à une équipe du Botswana accrocheuse, les Guépards ont su transformer leurs ambitions en actes, glanant trois points capitaux lors de cette deuxième journée du groupe D. Ce succès court mais précieux permet au Bénin de s’offrir une finale avant l’heure pour la qualification.

Le leader et sa troupe
Si la victoire appartient au collectif, l’ombre protectrice de Steve Mounié a plané sur cette rencontre. Six ans après ses débuts dans la compétition, l’attaquant a troqué son costume de simple finisseur pour celui de guide spirituel. Au coup de sifflet final, son analyse traduisait l’émotion contenue de tout un peuple : « Nous avons écrit l’histoire dans le bon sens », confiait-il, conscient de la portée de l’événement.

Dans l’intimité du vestiaire comme sur le rectangle vert, le capitaine a prôné l’exigence. Le message était limpide : ne pas laisser passer le train de l’histoire. Les Guépards ont répondu par une prestation empreinte de discipline et d’engagement, effaçant ainsi les doutes nés de l’entame de compétition.

Entre regrets et espoirs
Malgré l’euphorie, le compétiteur n’oublie rien. Dans un coin de la tête des joueurs subsiste le souvenir amer du premier match face à la RD Congo, où un penalty injustement refusé a pesé lourd dans la balance. « Aujourd’hui, nous aurions quatre points », a glissé Mounié, sans pour autant s’enfermer dans la victimisation. Pour lui, le regard doit rester braqué sur l’horizon : le Sénégal.

Face aux Lions de la Teranga, l’un des épouvantails du tournoi, la marche sera haute. Mais le capitaine refuse de baisser les bras avant le combat : « Tout reste possible », assure-t-il, galvanisé par la résilience de ses troupes.

L’union sacrée
Cette victoire est aussi celle de la rédemption individuelle mise au service du groupe. L’exemple de Yohan Roche, fautif lors de la première journée mais impérial contre le Botswana, sert désormais de boussole morale à l’équipe. En appelant le public béninois à une solidarité sans faille, Mounié a rappelé le sens profond de leur mission : « Nous nous battons pour le Bénin, pour la nation ».

À Rabat, les Guépards n’ont pas seulement gagné un match de football ; ils ont trouvé une âme et un chef de file capable de les emmener, peut-être, vers des huitièmes de finale historiques.