Invité de l’émission Version Originale sur TVC, le 8 juin 2025, le juriste Landry Adélakoun a mis en lumière les contradictions juridiques entourant la fusion entre le Parti du Renouveau Démocratique (PRD) et l’Union Progressiste (UP). Il dénonce une situation de double appartenance politique contraire à la Charte des partis.

Célébrée avec faste en 2022, la fusion du PRD et de l’UP pour donner naissance à l’Union Progressiste le Renouveau (UPR) pourrait être juridiquement compromise. C’est ce que soutient Landry Adélakoun, juriste et consultant en droit humain et démocratie. Selon lui, cette fusion, loin d’être limpide, révèle un « imbroglio juridique » susceptible d’aboutir à l’annulation de la création de l’UPR.
Le cœur du problème, explique-t-il, réside dans les statuts du PRD qui stipulent que la fusion n’équivaut pas à une disparition du parti. Une disposition rappelée dans une lettre adressée début juin 2025 par le président du PRD, Me Adrien Houngbédji, au ministère de l’Intérieur. Une lettre que Banouto a pu authentifier auprès des instances du parti.
Landry Adélakoun y voit une violation du principe d’adhésion exclusive à un parti politique. « Le militant du PRD devient aussi militant du parti politique UP le Renouveau », constate-t-il. Or, « vous ne pouvez pas être membre de plus d’un parti politique », martèle-t-il en s’appuyant sur l’article 11 de la Charte des partis politiques.
Il pointe également la responsabilité du ministère de l’Intérieur, qui aurait manqué de vigilance dans le contrôle des déclarations administratives. À l’en croire, le ministère devait veiller à la conformité juridique des statuts transmis lors de la fusion. « Le ministère doit pouvoir veiller à ce que dans les statuts des partis politiques, il n’y ait pas une disposition qui nous renvoie vers un mélange où nous aurons un citoyen membre de deux partis politiques », insiste-t-il.
L’irrégularité, si elle est confirmée, pourrait entraîner la nullité juridique de l’UPR. « Si nous arrivons à la conclusion que la naissance du parti politique UP le Renouveau est viciée (…), cette création sera frappée de nullité », avertit le juriste. En droit, un acte frappé de nullité est considéré comme n’ayant jamais existé.
La tension monte entre le PRD et le ministère de l’Intérieur. Dans une lettre datée du 2 juin 2025, Me Adrien Houngbédji a fermement contesté une correspondance ministérielle affirmant la disparition du PRD depuis la fusion. « Écrire que le PRD a cessé d’exister à compter de la date de sa fusion avec l’UP est tout à fait contraire à la réalité », écrit-il, rappelant que le PRD a reçu un récépissé définitif daté du 26 août 2022, postérieur à la fusion.
Quelques jours plus tôt, le 26 mai, le président de l’UPR, Joseph Djogbénou, s’était rendu au domicile d’Houngbédji. Une rencontre privée, sans déclaration publique, qui témoigne des tensions croissantes autour de cette alliance politique devenue juridiquement controversée.

La Rédaction