Si l’interdiction de plusieurs produits cosmétiques dangereux par l’Agence béninoise du Médicament et des autres produits de Santé (ABMed) est saluée comme une victoire pour la santé publique, le plus dur reste à faire : le passage de la norme à la pratique. Pour que cette mesure ne soit pas qu’un symbole, une mobilisation accrue de l’ABMed et de ses partenaires institutionnels est désormais indispensable pour assainir durablement nos marchés. Le cadre légal est posé, les dangers sont identifiés, et la volonté politique est manifeste. Toutefois, l’efficacité de cette réforme repose sur un pilier central : la présence permanente sur le terrain. L’ABMed est aujourd’hui appelée à intensifier ses opérations de contrôle de manière inopinée et régulière. Cette vigilance accrue est le seul gage pour garantir que les produits prohibés, souvent dissimulés derrière des enseignes licites, disparaissent définitivement de la vue des consommateurs. Au-delà de la seule agence de régulation, c’est une approche multisectorielle qui est attendue. Les structures de contrôle du commerce, les services douaniers aux frontières et les forces de sécurité publique doivent s’impliquer davantage dans cette chaîne de vigilance. Une collaboration étroite entre ces entités permettrait non seulement de saisir les stocks existants, mais surtout de remonter les filières d’approvisionnement pour tarir la source de ce commerce illicite. L’accent doit également être mis sur l’accompagnement des distributeurs. En renforçant la sensibilisation auprès des commerçants sur les procédures d’homologation et de licence, les structures étatiques transforment ces acteurs économiques en partenaires de la santé publique. L’objectif est d’instaurer un marché où la conformité sanitaire devient un argument de vente et un label de confiance pour le citoyen. Enfin, l’invitation est lancée pour une communication de proximité encore plus percutante. En multipliant les points de contact et en facilitant davantage le signalement citoyen, l’ABMed et les structures associées créeront un maillage de protection inviolable. C’est par cette synergie d’efforts et cette détermination opérationnelle que le Bénin confirmera sa place de modèle en matière de sécurité sanitaire et de protection du capital humain. Alerte aux cosmétiques toxiques : L’ABMed au défi de passer de la loi au balayage des marchés Le verdict est tombé : plusieurs références cosmétiques phares sont désormais bannies du sol béninois pour protéger les populations contre le cancer. Si la décision de l’Agence béninoise du Médicament et des autres produits de Santé (ABMed) est un acte fort, elle se heurte à une réalité de terrain complexe. Entre des utilisateurs en quête d’éclat et des commerçants inquiets, l’heure est à une mobilisation musclée des structures de contrôle pour que cette interdiction ne reste pas une simple déclaration de principe. Le constat est sans appel dans les allées des marchés béninois. Malgré l’interdiction de produits tels que Caro Light ou Epiderm Crème, la demande reste forte. « C’est pour être plus claire et belle », justifie Sonia, une jeune étudiante, reflétant une opinion partagée par de nombreux cadres et jeunes qui voient dans le teint clair un atout esthétique majeur. Face à cet ancrage culturel, la simple interdiction papier semble dérisoire. C’est ici que l’ABMed et les autres structures de régulation sont attendues au tournant. Il ne s’agit plus seulement de sensibiliser, mais d’investir le terrain avec une rigueur absolue. Les grossistes, à l’image de M. Soulé, appellent d’ailleurs à un accompagnement : « Nous avons besoin que les structures se penchent davantage sur nos stocks pour nous orienter vers des produits homologués ». Une synergie entre la douane, la police républicaine et les agents sanitaires est indispensable pour tarir les flux d’approvisionnement et vider les étals des substances prohibées. Le défi est autant sécuritaire que pédagogique. En intensifiant les contrôles inopinés et en sanctionnant les distributeurs récalcitrants, l’État envoie un signal clair : la santé du citoyen n’est pas négociable. Cette lutte pour une peau saine doit devenir une priorité nationale où chaque acteur, du vendeur de quartier au cadre d’entreprise, comprend que l’éclat ne doit jamais se payer au prix de la vie. Le Bénin joue ici sa crédibilité en matière de protection des consommateurs. M. Soulé, commerçant de cosmétiques en gros : « Nous avons besoin d’un accompagnement » > « Nous sommes des partenaires de l’État. Si ces produits sont dangereux, nous sommes les premiers à vouloir protéger nos clients. Mais nous avons des stocks importants. J’invite l’ABMed et les structures de régulation à se pencher davantage sur nous, les grossistes, pour nous orienter vers des gammes homologuées et autorisées. On ne peut pas tout vider du jour au lendemain sans alternative claire. » Sonia, 22 ans, étudiante :« C’est pour être plus claire et belle » « On ne va pas se mentir, dans nos cercles, être plus claire est souvent perçu comme un critère de beauté. On utilise ces produits pour avoir un teint éclatant et être plus belle. C’est une habitude difficile à changer. Si l’État interdit, il faut aussi nous proposer des produits naturels qui donnent le même éclat sans abîmer la peau. » Mme Carole, responsable marketing :« L’image compte, mais la santé avant tout » « Dans le milieu professionnel, l’apparence physique est une forme de marketing personnel. Beaucoup de cadres utilisent ces produits pour corriger des imperfections ou éclaircir leur teint par souci de présentation. Cependant, en tant qu’intellectuels, nous devons être les premiers à comprendre les enjeux de santé. J’approuve l’interdiction, mais les contrôles doivent être stricts pour tout le monde, même dans les instituts de beauté haut de gamme. » Idriss, vendeur au détail :« Les clients réclament toujours les mêmes marques » « Les gens viennent au marché et demandent précisément les noms qui sont sur la liste de l’interdiction. Ils disent que c’est ce qui marche vite. Mon rôle, c’est de vendre, mais avec cette nouvelle loi, j’ai peur des saisies. Il faut que les autorités viennent nous voir pour nous expliquer ce qu’on a le droit de mettre sur nos étagères maintenant. » Le constat est unanime sur un point : la décision de l’ABMed est nécessaire, mais son succès dépendra de la capacité des structures de contrôle à investir le terrain. Entre le désir esthétique de « briller » et l’impératif de santé publique, le défi reste de proposer des solutions de rechange sûres pour que le marché cosmétique béninois rayonne sans danger. Navigation de l’article Renforcement des capacités institutionnelles: Les députés de la 10e législature en immersion stratégique à Grand-Popo Alerte sanitaire : Les concentrés de tomates de marques Leader, Richful et Top Premier interdites de vente