Au cœur de l’identité africaine, le lien avec les défunts demeure le socle de la stabilité sociale et spirituelle. Si l’hommage aux ancêtres est perçu comme une condition sine qua non du développement, les pratiques actuelles, notamment au sein du culte Égun, soulèvent des interrogations. Entre quête de bénédictions et dérives comportementales, le Kabbaliste Wilfried Apovo appelle à un retour à l’essence de la tradition. « Nos ancêtres sont notre racines, et aucun peuple ne peut se développer sans sa culture. » Ce postulat, largement partagé par les gardiens de la tradition, rappelle que le développement d’une nation ne saurait être purement matériel. Il s’enracine dans une continuité historique où les morts ne sont jamais vraiment partis. Les temples, vecteurs de grâce Pour de nombreux initiés, le culte des morts n’est pas une simple superstition, mais une science de la connexion. Élever des autels et consacrer des lieux de prière à ceux qui nous ont précédés permet d’établir un pont vibratoire. Selon la tradition, il est « important de consacrer des temples et de vouer un culte à nos défunts parents afin d’attirer leurs grâces sur notre vie ». Cette pratique permet non seulement de solliciter la protection des aïeux, mais aussi de maintenir vivante la mémoire collective, évitant ainsi l’érosion culturelle face à la mondialisation. Le culte Égun à la loupe Cependant, la ferveur spirituelle n’exclut pas une certaine rigueur morale. Le culte Égun, manifestation par excellence de la présence des défunts parmi les vivants, traverse aujourd’hui des zones de turbulences. Entre mercantilisme et comportements excessifs lors des sorties de masques, l’image de cette institution sacrée est parfois ternie. Restons toujours dans le domaine du culte des ancêtres pour écouter à nouveau le kabbaliste Wilfried Apovo. Ce dernier ne cache pas son inquiétude face à ce qu’il observe sur le terrain. La dénonciation du Kabbaliste Wilfried Apovo Interrogé sur la gestion actuelle de ces rites, l’expert en sciences ésotériques pointe du doigt une perte de repères. Le kabbaliste Wilfried Apovo « dénonce également les dérapages au sein du culte égoun et situe les responsabilités ». Pour lui, le sacré ne doit pas devenir un spectacle profane ou un instrument d’intimidation. Les responsables du culte sont ainsi appelés à une introspection profonde pour assainir les pratiques. Il s’agit de restaurer la dignité des ancêtres à travers une conduite exemplaire des vivants. Navigation de l’article L’Équilibre conjugal en débat : La femme, pilier unique ou co-pilote du foyer ? Frontière Sèmè-Kraké : Une fausse grossesse pour dissimuler une cargaison de drogue