À l’approche de la cinquième session du Comité de négociation intergouvernemental, une coalition massive de la société civile francophone monte au créneau. Issue de plus de 40 pays, cette alliance exige un accord international qui s’attaque prioritairement à la source du problème : la croissance exponentielle de la production de polymères vierges. L’urgence n’est plus à la simple gestion des déchets, mais à une réforme structurelle de notre modèle de consommation. C’est le message central d’une lettre ouverte portée par plus de 1000 organisations francophones engagées dans la protection de la nature et de la santé publique. De l’Algérie au Canada, en passant par le Bénin, la Côte d’Ivoire ou la France, ces acteurs dénoncent une « inflation plastique » qui voit l’humanité produire chaque année l’équivalent de son propre poids en plastique, soit 460 millions de tonnes: l’urgence d’agir contre la triple crise planétaire du climat, de la biodiversité et des pollutions. Au Bénin, cette mobilisation est portée par des acteurs engagés comme Eugène Djidjoho Aguemon, point focal national de l’initiative « Francophonie Zéro Plastique » Une menace sur tous les fronts Le document souligne que cette pollution ne se limite pas à une nuisance visuelle. Elle constitue une menace directe pour la sécurité alimentaire et les écosystèmes. En milieu rural, les microplastiques altèrent la fertilité des sols, tandis qu’en mer, les engins de pêche abandonnés continuent de décimer la faune marine. Face à ce constat, la coalition refuse les demi-mesures et les engagements purement volontaires. Les piliers d’un traité ambitieux Pour ces organisations, le futur traité mondial, dont les négociations se poursuivent, doit impérativement reposer sur des objectifs juridiquement contraignants. Les revendications s’articulent autour de plusieurs axes majeurs : Réduction à la source : Sortie progressive du plastique vierge et élimination des substances chimiques dangereuses. Justice sociale et transition juste : Reconnaissance et protection des ramasseurs de déchets informels, des peuples autochtones et des communautés marginalisées. Responsabilité financière : Financements prévisibles de la part des pays développés et des principaux pollueurs pour soutenir la transition. Fin du « colonialisme des déchets » : Arrêt de l’exportation des pollutions vers les pays du Sud. « S’attaquer à la racine » Le collectif insiste sur le fait que le recyclage seul est une « fausse solution » si la production continue de tripler d’ici 2060 comme le prévoient les trajectoires actuelles. La priorité doit être donnée au réemploi et au remplissage. La position des signataires est sans équivoque : ils ne veulent pas d’un accord qui laisse chaque État libre de ses objectifs sans obligation de résultats. Ils l’affirment avec force : « Nous voulons un monde libéré de la pollution plastique, pas un monde qui s’adapte à elle. Nous ne voulons pas d’un énième traité de gestion des déchets, mais d’un accord qui s’attaque à la racine : la réduction de la production. » Alors que les pressions diplomatiques s’intensifient, ce bloc francophone espère peser sur les négociations pour éviter qu’une minorité de pays moins ambitieux ne freine la volonté commune de protéger la santé humaine et la biodiversité planétaire. Lire l’intégralité de la lettre ouverte. Lettre ouverte des ONG francophones Navigation de l’article Conseil des ministres /Burkina Faso : Le virage de la « Révolution Progressiste Populaire » se précise PARTNERS NEWS DU 20 FEVRIER 2026