Le choix du maintien au gouvernement du ministre d’État Abdoulaye Bio Tchané et de la ministre Shadiya Assouma clarifie désormais le jeu politique à Porto-Novo. En vertu du principe de non-cumul de fonctions, leurs suppléants respectifs s’apprêtent à rejoindre les bancs de l’Assemblée nationale pour porter la voix de la 13e circonscription.

L’incertitude a laissé place à la procédure. Après le Conseil des ministres du 18 février 2026, la configuration de la représentation nationale se précise pour le Bloc Républicain (BR). En optant pour la poursuite de leur mission au sein de l’Exécutif, le ministre d’État Abdoulaye Bio Tchané et sa collègue de l’Industrie et du Commerce, Shadiya Assouma, « ouvrent le boulevard de l’Assemblée nationale à leurs suppléants respectifs ».

Un retour et un baptême du feu

Pour la commune de Djougou, ce passage de témoin présente deux profils distincts. Mounifa Karim Kpétoni, suppléante de la ministre Shadiya Assouma, n’est plus à présenter sous la coupole de Porto-Novo. Ancienne figure de la 9e législature dont elle était la benjamine, l’élue de Djougou « fera bientôt donc son come-back à l’Assemblée nationale ». Ce retour la propulse au rang de deuxième plus jeune député de cette 10e législature.

À ses côtés, Idrissou Amadou, suppléant du numéro 2 du gouvernement, s’apprête à vivre son « baptême du feu au Parlement ». Bien que novice à l’Hémicycle, l’homme dispose d’une solide assise locale, ayant servi comme premier adjoint au maire de Djougou et chef de l’arrondissement de Bariénou.

Entre intérims et stratégie politique

Ce mouvement intervient alors que l’équipe Talon se réorganise. Si le silence du Conseil des ministres sur le cas d’Abdoulaye Bio Tchané est interprété comme une confirmation de son maintien au gouvernement, le cas de Shadiya Assouma est plus explicite. En plus de ses fonctions actuelles, elle a été désignée « ministre intérimaire de Jean-Michel Abimbola » (Tourisme, Culture et Arts), ce dernier ayant choisi, tout comme Eléonore Yayi Ladékan, de siéger au Parlement.

Toutefois, ce mandat pour les suppléants reste marqué par une certaine précarité juridique. En effet, la loi en vigueur permet aux titulaires de reprendre leur fauteuil à tout moment. Comme le souligne l’analyse politique, les deux suppléants devront espérer que les ministres démissionnaires ne changent pas d’avis « avant la fin du mandat septennal pour revenir reprendre leur siège ». Pour l’heure, Joseph Djogbénou, président de l’Assemblée nationale, devrait procéder très prochainement à leur installation officielle.