Jusqu’au 8 mars prochain, la Maison Rouge de Cotonou vibre au rythme de la série « Cérémoniels ». À travers neuf toiles monumentales, l’artiste plasticien Nathanaël Vodouhè explore les racines de l’identité béninoise, entre rituels ancestraux et esthétique contemporaine. Par [Votre Rédaction] Le blanc et le noir s’imposent, mais c’est une explosion de sens qui s’offre aux visiteurs. Nathanaël Vodouhè, figure majeure de l’art contemporain béninois, a investi les murs de la Maison Rouge, en collaboration avec Hbmc, pour une immersion au cœur du « génome culturel ». Cette exposition, qui s’est ouverte le 12 février dernier, n’est pas qu’une simple démonstration technique ; c’est une quête spirituelle sur la place de l’animal dans nos sociétés. Le sacrifice comme acte d’amour Au centre de cette série acrylique, l’animal — mouton, chèvre ou poulet — n’est pas un simple sujet. Il est le médiateur. Dans cet univers dominé par le contraste binaire, l’artiste met en scène le dialogue entre l’humain et la bête, notamment à travers le prisme du sacré. « C’est quelque chose qui concerne les valeurs endogènes. Comme vous pouvez le voir, j’ai travaillé sur le sacrifice… », confie l’artiste. Pour Céline Coyac Atindéhou, responsable de l’exposition, l’œuvre de Vodouhè dépasse la représentation rituelle : « Je trouve qu’il a voulu évoquer sur ses toiles ce rapport d’affection, d’amour et de respect qu’on doit à l’animal, parce que c’est lui qui accepte de se sacrifier… ». Loin du folklore, la peinture devient ici un espace de médiation et de régénération. Les pointillés : Codes d’une identité menacée La signature visuelle de cette série réside dans une abondance de pointillés. Pour Nathanaël Vodouhè, ces points ne sont pas de simples ornements, mais les symboles des valeurs culturelles transmises de génération en génération. « C’est grâce à ces valeurs qu’on a notre identité. Lorsque ça disparaît, on ne reconnaît plus la personne, donc l’identité disparaît », avertit-il. L’objectif de cette exposition est double : d’une part, reconnecter le public avec des réalités souvent « perdues de vue » et, d’autre part, offrir une plateforme de visibilité internationale à la création locale. En invitant le visiteur à « rentrer dans les toiles », l’artiste espère susciter une projection personnelle, un retour vers les souvenirs de l’enfance ou les émotions liées aux pratiques ancestrales. Une vitrine pour l’art béninois Au-delà de l’émotion picturale, l’événement se veut un carrefour de rencontres pour les professionnels et les institutions. En attirant des centaines de curieux et de collectionneurs, Maison Rouge confirme son rôle de tremplin pour les talents d’ici. Les amateurs d’art et les passionnés de culture ont encore jusqu’au 8 mars pour découvrir cette ode à la mémoire et au sacré. Navigation de l’article 10e législature : Mounifa Karim et Idrissou Amadou, les nouveaux visages de Djougou à l’Hémicycle Gabon : Le cri d’alarme des acteurs économiques après la suspension des réseaux sociaux