L’espace médiatique béninois est sous le choc après la diffusion de récits d’une violence inouïe sur les ondes d’une station confessionnelle. Par une décision rendue ce lundi 23 février 2026, la Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication (HAAC) a pris des mesures conservatoires radicales, allant de l’interdiction d’antenne pour l’animateur à la saisine du Procureur de la République.

Le couperet est tombé pour la radiodiffusion sonore privée non commerciale « Radio Maranatha ». Suite à des révélations macabres diffusées au cours d’une de ses émissions phares, le régulateur a décidé de sévir avec la plus grande fermeté. L’émission dénommée « Témoignage, qu’a-t-il fait pour toi ? » de la radiodiffusion sonore privée non commerciale « Radio Maranatha » est interdite jusqu’à nouvel ordre. Cette mesure d’urgence fait suite à l’alerte d’un auditeur concernant des propos faisant l’apologie du crime et violant les bonnes mœurs.

Des aveux de cannibalisme en direct

Le contenu de l’émission, tel que rapporté par la décision signée du Président Édouard Loko, dépasse l’entendement. L’invité, le sieur Samuel Akowanou, a tenu des propos d’une cruauté rare, détaillant des actes d’anthropophagie et des homicides rituels. « A un moment donné de cette mauvaise aventure, j’ai préparé moi-même et consommé à plusieurs reprises la chair humaine », a-t-il notamment déclaré sur les ondes.

Outre ces aveux de cannibalisme, l’invité a confessé avoir tué des porteurs de bosse pour des rituels liés au Fâ et s’être livré au trafic d’ossements humains en déterrant des crânes dans des cimetières au Nigéria.

Sanctions exemplaires pour l’animateur

La HAAC a pointé du doigt la responsabilité directe de l’encadrement de l’émission. Jugeant que l’animateur a fait preuve de légèreté et d’un manque flagrant de professionnalisme, l’institution a frappé fort : Monsieur Daniel MONTCHO, animateur de l’émission incriminée, est interdit d’antenne pour une durée illimitée. De son côté, la station Radio Maranatha écope d’un avertissement formel pour avoir laissé diffuser des propos faisant l’apologie du cannibalisme.

Une dimension criminelle devant le Procureur

L’affaire quitte désormais le seul champ de la régulation médiatique pour celui de la justice pénale. Considérant la gravité des faits, le Président de la Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication décide de saisir le Procureur de la République des déclarations du sieur Samuel AKOWANOU. Cette saisine vise à ce que les crimes confessés — meurtres, profanations de sépultures et actes de barbarie — fassent l’objet d’une enquête judiciaire approfondie.

La décision, qui prend effet dès sa notification, rappelle que la liberté de presse ne saurait servir de tribune à l’horreur et à l’apologie du crime.

Décison n°26-002 du 23 février 2026 Radio Maranatha