Le palais Mohammed V a frappé un grand coup dans la nuit du dimanche au lundi 9 mars 2026. Par voie de décret présidentiel, le chef de la transition guinéenne a ordonné le retour immédiat à Conakry de douze diplomates de haut rang en poste dans des capitales stratégiques. Ce réajustement majeur de l’appareil diplomatique, dont les motivations restent pour l’heure confidentielles, place plusieurs chancelleries sous l’autorité intérimaire de chargés d’affaires. C’est un véritable coup de balai qui vient de s’opérer au sein du corps diplomatique de la République de Guinée. La décision, rendue publique sur les ondes des médias d’État, concerne des ambassadeurs extraordinaires et plénipotentiaires officiant dans des zones d’influence primordiales, allant de l’Afrique de l’Ouest aux puissances mondiales comme la Chine, les États-Unis, la France ou encore la Russie. Des postes stratégiques vacants La liste des diplomates rappelés illustre l’ampleur de la mesure. Parmi eux figurent des figures centrales telles que Senkoun Sylla (France), Fatoumata Kaba (États-Unis), Aminata Koïta (Chine) et Niankoï Haba (Russie). Le rappel touche également des représentations multilatérales de premier plan, notamment Noumoukè Kaba, ambassadeur auprès de l’Éthiopie et de l’Union africaine, ainsi que Jean-Baptiste Grovogui, en poste auprès de l’Organisation internationale de la Francophonie. Au niveau régional, les chancelleries d’Abidjan, d’Accra et d’Abuja sont également impactées, avec le départ notable de Siaka Cissoko, qui occupait le poste d’ambassadeur auprès du Nigeria et de représentant permanent auprès de la CEDEAO. Une transition administrative sous tension Si le décret présidentiel ne précise pas les raisons de ces rappels, il définit clairement la procédure de passation. « Le ministre des Affaires étrangères, de l’Intégration africaine et des Guinéens établis à l’étranger est chargé de veiller à l’application de cette décision et de prendre les dispositions administratives nécessaires », indique le texte officiel. Cette mesure de « rappel avec effet immédiat » impose une réorganisation rapide dans les capitales concernées. En attendant la nomination de nouveaux chefs de mission pour porter la voix de la transition guinéenne à l’international, la continuité du service et la gestion courante des dossiers seront assurées par les chargés d’affaires. Ce mouvement intervient dans un climat politique marqué par d’importantes réformes intérieures, laissant les observateurs s’interroger sur une éventuelle nouvelle orientation de la politique étrangère de Conakry. Navigation de l’article Délivrance des cartes de presse : La HAAC libère les premières décisions de l’année 2026 Dernière décade du Ramadan : La quête de l’excellence spirituelle