Le mois sacré de Ramadan 2026 amorce son ultime virage. Depuis quelques jours, les fidèles musulmans sont entrés dans la période la plus sainte de ce mois de privation et de prière : les dix derniers jours. Interrogé par Nansirine Fatoumbi, l’islamologue et professeur de langue arabe, El Hadj Bassirou Lassissi, décrypte les enjeux de cette dernière ligne droite et l’attitude exemplaire que doit adopter le croyant pour en saisir toutes les grâces.

Si le Ramadan est un mois de bénédictions, ses dix derniers jours en constituent le cœur battant. C’est une période de ferveur redoublée où la fatigue physique du jeûne s’efface devant l’urgence de la quête spirituelle. Pour l’islamologue El Hadj Bassirou Lassissi, cette phase n’est pas une simple conclusion, mais une apothéose nécessitant une discipline de fer et une introspection profonde.

La quête de la Nuit du Destin

La portée de cette dernière décade réside essentiellement dans la présence de Laylat al-Qadr, ou la Nuit du Destin. Selon la tradition islamique, cette nuit est « meilleure que mille mois » d’adoration. C’est le moment où le Coran a été révélé au Prophète Mahomet (PSL). El Hadj Bassirou Lassissi insiste sur le fait que l’incertitude de la date exacte de cette nuit — située généralement parmi les nuits impaires — est une invitation à une vigilance constante et à une multiplication des actes de dévotion.

L’attitude du fidèle : entre retraite et générosité

L’islamologue revient également sur l’attitude à adopter pour maximiser les mérites de cette période. L’une des pratiques recommandées est l’ I’tikaf, la retraite spirituelle dans la mosquée, qui permet au fidèle de se couper des distractions mondaines pour se consacrer exclusivement à l’invocation et à la lecture du Coran.

« L’attitude à avoir lors de la dernière décade de ce mois », souligne le professeur, doit se traduire par un regain de générosité, une maîtrise de la langue et une assiduité aux prières nocturnes (Tahajjud). Il ne s’agit plus seulement de s’abstenir de manger et de boire, mais de purifier son cœur de toute rancœur et de renforcer les liens de solidarité au sein de la communauté. Alors que le Ramadan 2026 s’apprête à tirer sa révérence, ces dix jours offrent une ultime chance de rédemption et de transformation intérieure pour chaque croyant.