Le verdict est tombé ce mardi 24 février 2026 à la Cour de Répression des Infractions Économiques et du Terrorisme (CRIET). La demande de mise en liberté provisoire formulée par les conseils de l’ancien élu du parti « Les Démocrates » a été rejetée par la chambre de jugement. Accusé d’apologie de crime, l’opposant devra patienter en cellule jusqu’à la reprise de son procès en mars prochain.

C’est un revers judiciaire pour Soumaïla Sounon Boké. Inculpé dans le cadre du dossier sensible relatif à la tentative de coup d’État du 7 décembre 2025 contre le président Patrice Talon, l’ancien député de la 2ème circonscription électorale restera derrière les barreaux. La décision de la CRIET, mise en délibéré il y a quelques semaines, confirme la rigueur avec laquelle la cour traite ce dossier lié à la sûreté nationale.

« C’est la fête » : un message WhatsApp au cœur du litige

L’accusation repose essentiellement sur une activité numérique survenue dans la matinée du dimanche 7 décembre dernier. Il est reproché à l’ancien parlementaire d’avoir publié le message « C’est la fête » dans un groupe WhatsApp, au moment même où les autorités annonçaient avoir déjoué un putsch.

Pour le ministère public, ces écrits constituent des faits présumés d’« apologie de crime contre la sûreté de l’État et d’incitation à la haine ». Une interprétation que l’accusé conteste fermement depuis sa première comparution.

La thèse de l’erreur de manipulation

Face aux juges, l’ancien élu du parti « Les Démocrates » (LD) a plaidé l’inadvertance. Selon ses explications, le message litigieux était destiné à un cercle privé d’amis pour l’organisation d’une réjouissance et aurait été envoyé par erreur dans le mauvais groupe alors qu’il se trouvait au sport.

Soumaïla Sounon Boké a d’ailleurs martelé son opposition à toute prise de pouvoir par la force : « Je me vois mal de louer ce coup d’État. Ce coup de force n’est pas opportun parce que le président Patrice Talon n’a que quatre mois à passer à la tête du pays », a-t-il argué pour démontrer l’absurdité des charges pesant contre lui.

Un procès renvoyé au mois de mars

Malgré ces arguments et les demandes de clémence répétées de la défense, la Chambre de jugement a estimé nécessaire le maintien du prévenu en détention pour la suite de la procédure.

Le dossier a été officiellement renvoyé au 23 mars 2026. Cette date marquera une nouvelle étape cruciale pour l’ancien député, dont le sort politique et judiciaire demeure suspendu à l’appréciation des juges de Porto-Novo.