Malgré le lancement officiel de la campagne pour les législatives et les communales le 26 décembre dernier, l’ambiance dans la capitale économique béninoise reste singulièrement atone. Entre préparatifs du Nouvel An et désintérêt croissant, les candidats peinent à mobiliser des citoyens dont les priorités semblent ailleurs.

Le calme avant la tempête ?

L’effervescence habituelle qui caractérise les périodes de propagande politique au Bénin brille par son absence. Depuis le démarrage de la course aux sièges le vendredi dernier, le paysage urbain de Cotonou ne reflète que timidement l’enjeu du scrutin du 11 janvier prochain. Si quelques affiches de candidats habillent désormais les murs et les poteaux électriques de la ville, le cœur des Cotonois ne bat pas encore au rythme des slogans partisans.

La gastronomie plus forte que la politique

La période choisie pour ces premières élections générales de l’histoire du pays — qui se clôtureront en avril par la présidentielle — coïncide frontalement avec les célébrations de fin d’année. Ce calendrier semble jouer en défaveur des états-majors politiques. Actuellement, « l’on sent à Cotonou plus les fêtes que la campagne électorale ». Les marchés et les commerces drainent plus de foules que les places publiques, désertées par les grands meetings et les rassemblements de quartier qui font d’ordinaire la force de la démocratie béninoise.

Désamour ou simple répit ?

Face à cette « indifférence des béninois face aux appels des candidats », deux hypothèses s’affrontent. Pour certains observateurs, ce silence trahit un désenchantement profond des populations vis-à-vis de la classe politique. Pour d’autres, il s’agit d’un simple report d’intérêt lié au calendrier civil. « On est en mesure de croire que soit les béninois nourrissent désormais un désamour pour la chose politique ou qu’ils se préoccupent plus des fêtes de fin d’année que de se mêler des affaires des politiciens », souligne une analyse de la situation locale.

À moins de dix jours de la fermeture des bureaux de vote, les candidats n’ont plus que jusqu’au vendredi 9 janvier pour inverser la tendance et réveiller une « fièvre électorale » qui, pour l’heure, reste désespérément basse.