Alors que le président Donald Trump célébrait en grande pompe ses 79 ans avec une parade militaire d’envergure à Washington, des centaines de milliers de manifestants ont défilé à travers les États-Unis pour dénoncer une dérive autoritaire du pouvoir. Slogan du jour : « No Kings », en écho au rejet d’un pouvoir présidentiel jugé de plus en plus monarchique.

Une mobilisation historique

Samedi, près de 2 000 rassemblements ont eu lieu simultanément dans les grandes villes du pays, de New York à Los Angeles, marquant la plus importante mobilisation anti-Trump depuis son retour au pouvoir. Malgré la pluie battante sur la côte Est, des foules compactes ont défilé à Manhattan en scandant : « Donald Trump must go ! »

À Atlanta, la manifestation s’est tenue devant le Capitole avec plus de 6 000 participants, jeunes et vieux confondus, venus défendre la démocratie. Certains défilent avec des pancartes en hommage à Melissa Hortman, députée démocrate du Minnesota, assassinée chez elle quelques heures plus tôt dans ce que les autorités qualifient de « violence politique délibérée ». Un autre couple d’élus démocrates a également été grièvement blessé dans des circonstances similaires.

Des tensions localisées

Si la majorité des marches ont été pacifiques, des heurts ont éclaté dans certaines zones. À Chamblee (banlieue d’Atlanta), la police a dispersé la foule à coups de gaz lacrymogènes. À Salt Lake City, une personne a été gravement blessée par balle lors d’un rassemblement. En Virginie, un automobiliste a foncé délibérément sur un groupe de manifestants sans faire de blessés, selon la police.

À Los Angeles, la mobilisation a rassemblé plus de 20 000 personnes, une semaine après les raids fédéraux contre les sans-papiers. Pour beaucoup, la peur est devenue quotidienne. Des enseignants témoignent de l’absentéisme massif d’élèves redoutant des arrestations dans les écoles, tandis que des familles entières se cloîtrent pour éviter les descentes.

« Cette politique empêche les gens de vivre », déplore Rose, une jeune Américaine dont la mère, sans papiers, n’ose plus sortir travailler.

Un anniversaire sous le signe de la puissance militaire

Pendant ce temps, à Washington, Donald Trump assistait à une parade militaire exceptionnelle, organisée à l’occasion du 250e anniversaire de l’Armée de Terre, mais aussi de son 79e anniversaire. Devant une tribune officielle, le président a salué le passage de 7 000 soldats, 150 véhicules blindés et une impressionnante démonstration aérienne.

Accompagné de la Première dame Melania Trump, Donald Trump affichait un large sourire, répondant aux « USA ! USA ! » de ses partisans. Pourtant, selon plusieurs observateurs, l’ambiance dans la foule restait modérée malgré le faste de l’événement.

Ce défilé, une première depuis celui de 1991 après la guerre du Golfe, cristallise les critiques d’un président accusé de vouloir militariser la vie politique et détourner l’appareil d’État à des fins personnelles.

Un climat lourd et instable

Entre démonstrations de force, mobilisations citoyennes et violences politiques, les États-Unis semblent plus que jamais fracturés. Alors que Donald Trump renforce son emprise sur le pouvoir, une part croissante de la population semble déterminée à résister par tous les moyens démocratiques.