Face à l’indiscipline persistante de certains transporteurs malgré des mois de sensibilisation, les autorités béninoises passent à la vitesse supérieure. Un communiqué conjoint des ministères des Transports et de l’Intérieur annonce désormais une application rigoureuse des sanctions prévues par la loi pour protéger les infrastructures et les usagers.

La période de grâce est officiellement terminée pour les transporteurs indélicats. Dans une déclaration commune, le Ministre du Cadre de Vie et des Transports chargé du Développement Durable et le Ministre de l’Intérieur et de la Sécurité Publique ont réaffirmé que « la pratique des surcharges et la circulation des camions hors gabarit sont strictement interdites sur toute l’étendue du territoire national ». Cette décision radicale vise à mettre un terme à un phénomène qui compromet gravement la durée de vie des routes fraîchement construites ou réhabilitées.

Le cadre légal comme bouclier

L’action du gouvernement ne sort pas du néant. Elle s’appuie sur le décret N°2011-713 du 21 octobre 2011, qui définit précisément les normes de chargement. Les autorités rappellent avec fermeté que, conformément à l’article 12 dudit décret, « tout contrevenant s’expose à des amendes, à la mise en fourrière de son véhicule et, en cas de récidive, à des poursuites judiciaires ». Ce rappel à l’ordre législatif sert de fondement à une opération qui se veut sans concession.

Un échec relatif de la pédagogie

Cette fermeté soudaine est la réponse à une déception manifeste des pouvoirs publics. Entre juillet et octobre 2025, une vaste campagne de sensibilisation avait été déployée par l’Agence nationale des Transports terrestres (ANaTT), en collaboration avec le Centre national de la Sécurité routière (CNSR) et la Police républicaine.

Pourtant, le constat sur le terrain est amer : les autorités déplorent une « recrudescence de ces infractions ces derniers temps », signe que les messages de prévention n’ont pas suffi à infléchir les comportements à risque.

Zéro tolérance sur le bitume

Désormais, c’est le sifflet de la Police républicaine qui fera office de rappel à la loi. Les forces de l’ordre ont reçu des instructions claires pour procéder à la « répression systématique de tout contrevenant ». L’enjeu dépasse la simple contravention ; il s’agit d’une question de sécurité publique.

En éliminant ces « sources d’insécurité routière et de dégradation des infrastructures », le gouvernement entend « garantir la sécurité et la quiétude sur l’ensemble du réseau routier national ». Les transporteurs sont donc prévenus : le respect du gabarit et du tonnage n’est plus une option, mais une condition sine qua non pour circuler.

Ci-joint l’intégralité du communiqué

Communiqué MIS – MCVT – Interdiction pratiques de surcharges e circulation des camions hors gabarit